Choisir les logiciels libres

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 19 juillet 2010

OpenGeu et Crunchbang quittent le navire Ubuntu

crunchbang-linux-logo.png

Ça n'est pas véritablement une nouvelle, mais deux distributions issues d'Ubuntu ont récemment décidé de quitter leur maison mère d'origine pour d'autres cieux, en l'occurrence Opengeu et Crunchbang. Pour ceux qui ne connaissent ni l'une ni l'autre, une petite présentation s'impose :

  • Opengeu est une distribution GNU/Linux, basée initialement sur Ubuntu, et utilisant le magnifique et très léger environnement de bureau Enlightenment
  • Crunchbang est une également une distribution GNU/Linux, tout aussi basée initialement sur Ubuntu, et utilisant cette fois le non moins léger gestionnaire de fenêtres Openbox.

opengeu.png

Ces deux distributions avaient plusieurs points communs : Elles étaient construites sur la base de versions d'Ubuntu, elles étaient particulièrement légères tout en ne sacrifiant pas les qualités graphiques de leurs environnements. Elles ont désormais un autre point commun : Les deux projets ont décidé d'abandonner leur base Ubuntu pour construire leurs prochaines versions sur Debian Unstable. Qui plus est, les deux projets ont pris cette décision à peu près en même temps, soit en mars pour Opengeu[1], et...en mars pour Crunchbang[2].

Au delà de la simultanéité des dates, qui tient sans aucun doute plus de la coïncidence que d'un quelconque complot, il est intéressant de s'interroger sur le pourquoi de ce mouvement. En effet, on pourrait considérer qu'utiliser Ubuntu comme base est sans doute une idée lumineuse, compte tenu de nombre d'éléments tels que sa popularité, la détection généralement sans problème du matériel, le rythme bi-annuel des releases...Il semble pourtant que ce ne soit pas aussi simple pour ceux qui souhaitent construire sur ces bases.

Populaire ? Oui, mais pas pour tout le monde...

En dehors de versions dûment connues et reconnues[3], de nombreux autres projets, tels qu'Opengeu et Crunchbang ne semblent pas bénéficier de la popularité d'Ubuntu. Ça n'est qu'une impression et je n'ai aucun fait permettant de démontrer ça. Pour autant, ces versions ne bénéficient pas d'autant de renom que leur génitrice et doivent donc vraisemblablement construire leur propre communication de zéro pour arriver à faire leur trou, sous réserve que ce soit l'un de leurs objectifs. Loin d'être une méthode scientifique, une simple observation du Planet Libre et de ce qui y est publié semble aller dans cette direction : 4 billets (en dehors de celui-ci) parlant d'Opengeu, 5 billets pour Crunchbang, là où Ubuntu Studio bénéficie de plusieurs pages de publications (dédiées ou simplement sous forme de citations). Si l'on peut considérer que Crunchbang s'adresse à un public qui cherche quelque chose de spécifique avec Openbox, cet argument n'est sans doute pas approprié pour Opengeu qui propose un environnement graphique très agréable, à même d'attirer de nombreux utilisateurs. Il y a donc un effort de communication important à faire pour des distributions comme Crunchbang et Opengeu, et aucun effet magique "Ubuntu" dans ce cas.

Détection matériel responsable ou facile ?

La détection du matériel pourrait être une excellente, si ce n'est la raison majeure du choix de cette distribution. Il semble qu'Ubuntu détecte et sait faire fonctionner de très nombreux matériels par défaut, sans doute plus que n'importe quelle autre distribution (Il n'y a toujours rien de scientifique dans cette affirmation). Ne me demandez pas pourquoi, ni comment les core-développeurs de Canonical et les membres de la communauté Ubuntu y parviennent, je n'en sais strictement rien. Cependant, on ne peut pas nier que d'autres distributions telles que Mandriva ou Fedora font également très bien ce travail essentiel[4]. Debian fait également ça très bien, mais le fait différemment, en informant l'utilisateur que bien que son matériel soit reconnu, il est nécessaire d'installer du code non libre. Pour avoir fait l'expérience sur mon portable, Ubuntu s'installe comme une fleur, là ou Debian m'informe qu'il sera nécessaire d'installer un micro-code non libre pour faire fonctionner mon chipset wifi, alors qu'il est par ailleurs parfaitement identifié. Dans le cas d'Ubuntu, c'est extrêmement confortable pour l'utilisateur. Dans le cas de Debian, c'est extrêmement responsabilisant pour ce même utilisateur qui sait exactement à quoi il s'engage. Pour ceux dont le critère de choix numéro 1 est la liberté, Debian devient alors un choix logique. On peut cependant en déduire qu'il ne s'agit pas de la raison majeure du changement de ces deux distributions, qui vont donc pousser un peu leurs utilisateurs à avoir une vision plus responsable de leur installation.

Rythme et développement industriel

S'il est en revanche un élément qui semble réellement poser problème, c'est le rythme des releases. Ubuntu est une distribution dont des versions dites stables[5] sont publiées tous les six mois. Soyons réalistes : Ce rythme est extrêmement élevé. En dehors de celles adoptant des rolling releases, et donc qui finissent par ne publier aucune version stable, il n'y a pas de rythme plus élevé. Et c'est un véritable challenge pour ceux qui souhaitent utiliser et suivre ce rythme en vue de construire autre chose. On peut facilement imaginer que les équipes de développement de ces distributions sont réduites. Devoir reconstruire intégralement une image stable de leur distribution est sans aucun doute une tâche immense, qui à la longue, se révèle usante, voire carrément impossible à réaliser. Comme diraient les anglo-saxons, fair enough, si tu ne peux pas, tu ne fais pas. C'est oublier rapidement que des distributions telles que Crunchbang et Opengeu ont une véritable valeur ajoutée, en proposant une expérience très différente des versions plus connues d'Ubuntu, ou d'autres distributions dont la renommée et la qualité ne sont plus à faire.

Philip Newborough, le créateur et toujours développeur de Crunchbang explique ça très bien: ...The Ubuntu project is geared towards producing a polished end-user system. The Ubuntu developers make changes to Debian packages to achieve this goal. These changes often cause problems for derivative projects such CrunchBang.... (En français : le projet Ubuntu est orienté vers la production d'un système à la finition impeccable destiné à l'utilisateur final. Les développeurs d'Ubuntu apportent des modifications aux paquets Debian afin d'atteindre cette cible. Ces changements causent souvent des problèmes aux projets dérivés tels que Crunchbang).

Le constat est le même du côté d'Opengeu : Ubuntu not only uses experimental features like XSplash, but often they choose to patch entire pieces of code just to make it work, specially when building the iso. To customize it we really had an hard time for Quarto di Luna, believe me, it never seemed to reach an end. (En français : Ubuntu ne se limite pas à utiliser des fonctionnalités expérimentales telles que Xsplash. Ils (les développeurs) choisissent souvent de patcher des portions entières de code juste pour qu'il fonctionne, plus particulièrement lorsqu'ils construisent l'image ISO. Pour la personnaliser, cela a été réellement difficile pour Quarto di Luna (NdT : Dernière version publiée d'Opengeu, basée sur Ubuntu 9.10), cela ne semblait jamais vouloir se terminer. ) La difficulté technique apportée par le rythme est donc bien le point d'achoppement. Vouloir construire sur Ubuntu semble être une mauvaise solution sur le long terme, à moins de disposer de ressources humaines en nombres, et dont les compétences techniques couvrent l'éventail complet d'une distribution.

Ubuntu n'est pas construite pour ça

La conclusion semble venir d'elle-même : Ubuntu n'est pas faite pour ça. Cette distribution a de très grandes qualités et je l'utilise avec grand plaisir au quotidien[6] : Ses développeurs cherchent à proposer une expérience à l'utilisateur et non aux développeurs[7]. C'est incontestablement une distribution simple à installer et à utiliser, qui s'approche, voire dépasse[8] d'autres systèmes d'exploitation.Elle a une vocation claire à être installée et utilisée. On peut évidemment toujours en changer totalement l'aspect ou le comportement dans son garage, mais construire un projet industriel sur cette base semble relever des 12 travaux d'Hercule. Ubuntu est donc bien destinée à l'utilisateur final.

openlogo-nd-50.png Debian est sans aucun doute un bon choix pour ces deux distributions. Debian sort "quand c'est prêt". Sa robustesse n'est plus à démontrer. Elle reste une distribution relativement simple à installer[9]. Une fois installée, on en peut nier que sa maintenance est grandement facilitée par des outils tels qu'Aptitude. Autrement dit, ce choix conservera à Crunchbang et Opengeu de nombreuses qualités dont elles bénéficiaient avec Ubuntu. L'apport principal sera immanquablement la sérénité. En se détachant des contraintes de planning des releases bi-annuelles et des modifications apportées par les développeurs d'Ubuntu afin de satisfaire leurs propres objectifs, Opengeu et Crunchbang ne pourront que gagner en tranquillité et faire gagner à leurs utilisateurs tranquillité et philosophie.

PS : Je n'ai volontairement pas parlé d'Aurora, anciennement eeebuntu, qui a pris en fin d'année dernière la même décision. Bien que la décision soit fondée sur des raisons équivalentes, Aurora semble changer de philosophie et le challenge sera sans doute plus compliqué à relever.

Quelques références

Le site officiel de Crunchbang. Pour les aventuriers, vous pouvez télécharger la seconde version alpha de Crunchbang Debian. Comme toute version alpha, vous devez savoir à quels risques vous vous exposez en utilisant une version de développement.

Le site officiel d'Opengeu. Je n'y ai en revanche pas encore trouvé de version publiée d'Opengeu Debian. Si ça existe, n'hésitez pas à publier un commentaire.

Notes

[1] Après un vote auprès de leurs utilisateurs

[2] Du moins est-ce la date à laquelle l'annonce officielle a été faite

[3] Ubuntu, Kubuntu, Xubuntu, Ubuntu Netbook Edition, Linux Mint, Ubuntu Studio...

[4] Si vous avez déjà participé ou organisé une install party, vous saurez déjà qu'un matériel non reconnu est un utilisateur perdu. Que la responsabilité incombe aux fabricants et non aux distributions n'y changera rien, "ça ne marche pas ton truc".

[5] par opposition à des versions de développement, des versions beta ou release candidates

[6] Même si je peste contre certains choix. Après tout, libre à moi de changer le jour où je serai en désaccord radical.

[7] Qu'on aime ou pas les thèmes et orientations du design d'Ubuntu, c'est un fait

[8] Certains iront même jusqu'à dire "imite"

[9] Sur ce sujet, Crunchbang Statler, première version Debian, apporte un script post-installation assez intéressant. Revue de détail à venir dans un prochain billet.

jeudi 1 juillet 2010

Sortie d'Ubuntu 10.10 Alpha 2

La seconde version Alpha d'Ubuntu 10.10 Maverick Merkat est sortie. Au menu :

  • Gnome 2.31
  • KDE 4.5 RC1
  • QT 4.7 beta
  • Unity est désormais installée par défaut sur Ubuntu Netbook Edition
  • Le noyau Linux 2.6.35-6.7
  • Et évidemment, de nouvelles versions de nombreux packages.

Cette version étant une alpha, il s'agit d'une version de développement, destinée aux développeurs et aux testeurs. Vous l'installez à vos risques et périls. Vous pouvez télécharger les différentes versions sur les pages suivantes :

mercredi 23 juin 2010

RMLL 2010 : Teaser vidéo et spot audio

Pour assurer la promotion des RMLL 2010, l'organisation nous met à disposition un spot audio (à diffuser largement) et un teaser vidéo, sur lequel on peut retrouver quelques "célébrités" filmées lors du dernier salon Solutions Linux. Vous y verrez entre autres Tanguy Morlier, président de l'April, François Elie, président de l'Adullact, Christophe Sautier (alias huats), président d'ubuntu-fr, Laurent Séguin, vice-président de l'Aful, mais aussi Chloé Girard, la Poule et l'Oeuf, ou encore Pierre-Yves Gosset (alias pyg) de Framasoft. On n'a jamais vu autant de présidents dans un même spot vidéo (Quoique... LOL )

Le spot audio
Le teaser vidéo (Ogg Theora, mpeg et MP4 disponibles)

jeudi 3 juin 2010

Logiciel libre au Québec : Victoire de David contre Goliath

Le 13 mars 2008, Savoir Faire Linux, société de services québécoise dépose une requête devant un tribunal québécois, afin de faire déclarer que la Régie des Rentes du Québec[1] a agi illégalement en ne procédant pas à un appel d'offres, lié au renouvellement d'un parc de logiciels, comprenant systèmes d'exploitation et logiciels bureautiques destinés à ses employés. Savoir Faire Linux reproche tout simplement à cette régie d'avoir fait un choix a priori, notamment sans faire intervenir le marché et le potentiel du logiciel libre dans ces domaines.

La Cour Supérieure de la Province du Québec vient de donner raison à Savoir Faire Linux, en confirmant l'illégalité de la procédure utilisée par la Régie des Rentes du Québec ainsi que l'obligation pour cette structure gouvernementale de procéder à un appel d'offres pour ce type de marché. Cette décision n'a pas d'impact sur la décision de la Régie et n'annule pas le marché passé avec Microsoft et son fournisseur. En revanche, elle confirme que les petits[2] peuvent obtenir des victoires contre les géants[3].

Par ailleurs, dans son jugement, le tribunal énonce un certain nombre de faits pouvant amener d'autres autorités québécoises à se poser des questions lors de leurs appels d'offres. Notamment, le jugement est fondé sur un principe simple de la réglementation québécoise en la matière : Le principe sur ce type de marché est l'appel d'offres qui proposent toutes les garanties de transparence au citoyen dans l'utilisation de l'argent public[4]. Par exception, les structures gouvernementales québécoises peuvent utiliser une autre procédure, sous plusieurs conditions, l'une d'entre elles et non la moindre étant l'obligation d'une recherche sérieuse et documentée. Or dans cette affaire, la Régie a été incapable de démontrer par une quelconque étude que seule Microsoft pouvait répondre à son besoin. Qui plus est, le tribunal relève que "l'examen de la documentation démontre que chacune des solutions logiciels libres et propriétaires comporte des avantages, désavantages et incompatibilités à surmonter". Cet argument balaie de fait le confort supposé qu'il y a à passer d'années en années à ces versions supérieures de logiciels d'un même éditeur, en l'occurence Microsoft[5]. Au contraire, le tribunal relève qu'il s'agit d'une migration et non d'une mise à niveau, tant les produits cible sont éloignés de ceux qu'il sont censés remplacer.

Cette décision fera, on l'espère pour eux, jurisprudence chez nos cousins d'outre-atlantique. Un grand bravo à David !

NB : Ironie de l'histoire, Savoir Faire Linux est aussi Partenaire certifié Microsoft.

Toute l'histoire est relatée depuis mars 2008 sur le blog de Cyrille Béraud, fondateur de Savoir Faire Linux. Vous pourrez notamment y trouver une copie du jugement (PDF).

Notes

[1] Organisme gouvernemental québécois administrant les rentes, les régimes complémentaires de retraite et le un programme de crédit d'impôt

[2] Savoir Faire Linux est une entreprise de 25 personnes

[3] Au tribunal, outre la Régie elle-même, Microsoft et son fournisseur étaient représentés contre Savoir Faire Linux

[4] Ce qui est la moindre des choses

[5] L'objet du projet était de faire passer des postes de travail vers Windows Vista et Office 2007

jeudi 27 mai 2010

Assurez la promotion des RMLL 2010

RMLL_2010_AFFICHE.png

Affichage

Si vous disposez d'un blog ou d'un site web, d'un espace d'affichage (ailleurs qu'au dessus-de votre lit), il est possible pour vous d'assurer la promotion des prochaines Rencontres Mondiales du Logiciel Libre.

L'affiche est disponible et téléchargeable sur le site (PNG et PDF A3 et A4). Si vous avez besoin de volumes, une demande peut être faite. L'un de nos partenaires prend en charge l'impression d'un nombre conséquent d'affiches aux formats A3 et A4. Le fichier source vectoriel SVG est également disponible et sous licence libre Art libre, pour ce qui a été produit par l'organisation de la manifestation. Cela exclut donc évidemment les logos des applications et des partenaires qui leur appartiennent. En utilisant le fichier source (multilangue français/anglais), vous pouvez produire tous les formats souhaités (Si vous avez des plans pour de l'affichage en 4x3 partout en France, contactez nous LOL )

Pour les téléchargements et les demandes, c'est par là que ça se passe.

Bannières web

Si vous disposez d'un espace web, vous pouvez y afficher une des bannières. Elles sont existantes en divers formats, y compris les stickers web (assez sympa, non?) Les bannières et stickers, c'est par ici.

- page 1 de 13