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Tag - interopérabilité

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mercredi 7 avril 2010

OOXML : Quand l'ISO se plante dans les grandes largeurs...

...aux dépends des utilisateurs.

ooxml-iso.jpg

En 2008, l'ISO, organisme de normalisation, donnait sont quitus au format Office OpenXML[1] (OOXML) de Microsoft, en lui offrant le doux nom de norme ISO/IEC 29500. Autrement dit, OOXML devenait un format bureautique ouvert au même titre qu'OpenDocument. Du moins Microsoft obtenait elle un quitus très virtuel, puisqu'au jour du vote, personne au monde n'avait vu la norme définitive, aussi éloignée du format initial de Microsoft qu'un œuf peut l'être d'un bœuf.

C'était en 2008, autant dire une éternité à l'échelle de l'évolution des technologies numériques. Nous sommes en 2010, et aujourd'hui, aucune application de Microsoft n'utilise la norme ISO, telle que votée en 2008. La page de Wikipédia est notamment erronée sur ce point : Les applications Office de Microsoft actuelles n'implémentent pas cette norme, les .docx, .xlsx et .pptx produits par Microsoft Office actuellement ne respecte pas le format normé. Qui plus est, ce n'est pas près d'arriver. Alex Brown, organisateur du sous-comité de normalisation et l'un des plus fervents supporters de Microsoft pendant le processus de revue du format, descend en flèche le comportement de Microsoft : Selon lui, Microsoft ne respecte pas son engagement d'adopter la version normée du format, Office 2010 étant massivement basé sur la version initiale du format, qui n'a plus rien à voir avec la norme. Le format n'est par ailleurs pas maintenu, les irrégularités du format pointées lors de la procédure de révision n'ont pas été adressées, le groupe de travail est largement en sommeil. Par ailleurs, l'ECMA, organisme européen de normalisation qui a largement assuré la promotion du format de Microsoft auprès de l'ISO, semble avoir suspendu toute action proactive d'amélioration du format, en ne laissant en place que quelques experts nationaux sur le sujet.

Le futur pour Microsoft, c'est Office 2010. Or celui ci se révèle actuellement incapable de passer avec succès les tests basiques de validation de la norme. Cet état de fait provient, selon Brown, de l'absence de maintenance de la norme. Voire l'adoption de la norme dans les années à venir pourrait révéler de nombreux autres problèmes aussi bien dans les documents produits, que dans la spécification elle-même. La plupart de problèmes identifiés lors des tests par Brown avaient déjà été relevés lors de la procédure de révision qui a précédé l'adoption de la norme.

Cette situation ne peut qu'atteindre un peu plus l'ISO, dont le crédit avait déjà été largement entamé par l'adoption de la procédure rapide [2], mais également par l'adoption même de la norme sur fond d'irrégularités de procédures et de soupçons de corruption. Surtout, cette situation se fait aux dépends des utilisateurs, dont certains sont certainement persuadés qu'en utilisant MS Office, ils sont capables de produire un format normé et indépendant. Or, on voit bien qu'il n'en est rien; je ne serais par ailleurs pas surpris que MS profite de la confusion régnant autour du nom du format[3] pour en faire un argument de vente.

Évidemment, Microsoft ne pouvait pas rester insensible à cette attaque en règle. C'est Doug Mahugh, évangéliste technique de Microsoft, qui présente les intentions de MS sur le futur du format et de ses propres produits : MS Office 2010 ne peut supporter le format normé pour des raisons logistiques et à cause des contraintes de temps[4]. Office 2010 ne produira donc que le format dit "Transitional", là où la norme répond au format "Strict". Autrement dit, point de normalisation pour Office 2010. Selon Mahugh, Microsoft ne pouvait tout simplement pas se conformer au format normé avec Office 2010, la roadmap de l'application étant déjà fixée au moment de l'adoption de la norme[5].

Par ailleurs, Mahugh avance le nombre très important de modifications à réaliser dans la norme après son adoption, rendant impossible son intégration dans Office 2010. Sans pour autant identifier que ce nombre très important de modifications vient essentiellement de la qualité de la spécification initiale de Microsoft, et que l'effort nécessaire à la production du format normé après la procédure de révision provient de l'utilisation de la procédure de révision rapide souhaitée par Microsoft.

Résultat, dans Office 2010, seule la lecture de la norme stricte devrait être possible. Autrement dit, MS renvoie à d'autres la production des fichiers à la norme, et aux calendes grecques son propre support en écriture, via un service pack, voire une intégration sous Office 15, version majeure devant suivre Office 2010. Comme toujours, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.

Pour les utilisateurs, ce format reste donc aujourd'hui un réel danger. Non seulement les documents produits avec Office 2010 ne sont pas compatibles avec les versions précédentes (et inversement), mais ils ne sont pas non plus compatibles avec les versions futures de MS Office. La situation ne peut donc être pire pour ceux qui au quotidien utilisent ces logiciels. Je n'ose même pas parler d'interopérabilité, cet obscur objet du désir pour quelques geeks bornés, dont quelques éminents spécialistes n'ont cesse de dire que l'utilisateur s'en fout.

Que faire alors ? Fuir les .docx, .xlsx; .pptx et autres formats de Microsoft et produire au format OpenDocument, format également normé, mais aussi maintenu et supporté par de nombreuses applications, dont Office 2007.

Plus d'infos sur NOOXML

Notes

[1] Cette page de wikipédia présente à l'heure actuelle de nombreuses fautes, je vous invite à lire la page de discussion

[2] dite Fast-track

[3] La norme porte le même nom que le format de fichier Microsoft non normé, tel qu'il est produit par exemple par MS Office 2007, alors que les formats des fichiers sont très éloignés

[4] C'est certain, 2 ans, c'est très court pour se mettre en ligne avec ses propres engagements :-/

[5] Évidemment, Microsoft ne pouvait pas le savoir à ce moment là -_-

mardi 16 mars 2010

Internet Explorer enfin compatible avec le SVG

Good_bad_news.jpgIE 9 sera bien compatible avec la recommandation SVG du W3C. Enfin, pourrait on dire. Cette information a été annoncée par les ingénieurs de Microsoft lors de la MIX10, série de conférences organisée par Microsoft pour les développeurs et designers Web.

La bonne nouvelle n'est pas pour Microsoft : Globalement, cette information ne fait pas d'Internet Explorer un navigateur libre, d'autant moins que bien qu'il soit annoncé comme gratuit, la licence ne permet pas de l'installer sur autre chose qu'un système Windows [1]. En revanche, elle pourrait améliorer l'utilisation du SVG auprès des développeurs et designers du Web. IE est aujourd'hui l'un des derniers navigateurs à ne pas supporter cette recommandation. Elle pourrait aussi pousser les animateurs et bidouilleurs de tous poils à éprouver les capacités d'animation du SVG, et franchement, ça ne serait pas trop tôt. Un bémol là dessus : Le SVG ne sera pas intégralement supporté dès le départ, notamment les animations, les filtres et le support des polices de caractères ne seront pas inclus dans cette première version. One step at a time...

Cependant, comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, elle est accompagnée de sa copine Bad_News : Bien qu'IE9 embarque également le support du HTML5, Microsoft a fait le choix du H-264 et du MPEG-4 comme codec vidéo de la balise <video>, et non du format ouvert Theora. La balise <audio> d'IE9 supportera, quant à elle, l'AAC et le MP3 [2].

Ça n'a rien à voir avec la choucroute

À propos de sites supportant le SVG nativement, je ne saurais trop vous conseiller MapOsMatic, pour faire vos propres cartes à partir des données d'OpenStreetMap

Crédit Image : Good News and Bad News, Mike Licht, sous licence Creative Commons BY.

Notes

[1] On appelle ça de la vente liée : C'est présenté comme gratuit, mais pour pouvoir l'utiliser, il faut acheter autre chose. Oui, c'est du foutage de gueule.

[2] Alors que l'Ogg Vorbis est de nettement meilleure qualité, et non infiltré de brevets et licences rampantes

lundi 23 février 2009

L'interopérabilité, on s'en fout, après tout...

FBI_watching_you_masterbate.jpgIl me semble qu'on a un triste sire de plus au gouvernement français. Après Bécassine, le bouffon du Roi, voici venir Mister Bean (alias Franck Riester, rapporteur de la commission des lois de l'Assemblée nationale).

Mister Bean est un homme simplet et caricatural, se plaçant volontairement ou non dans des situations plus ou moins cocasses. Avec une absence presque totale de dialogue, ses aventures reposent sur ses prouesses comiques (Source Wikipédia).

Le problème est que la dernière prouesse de ce Monsieur est beaucoup moins comique pour les utilisateurs de logiciels libres, puisqu'elle ouvre en grand la porte aux éditeurs de logiciels propriétaires et à leurs formats fermés, tout en la fermant violemment au nez des utilisateurs de logiciels libres et de formats ouverts. Bean a en effet décidé, ni plus ni moins, que "l'interopérabilité n’est pas nécessaire pour les consommateurs." (sic). C'est vrai, l'interopérabilité, c'est juste ce truc un peu chiant pour les éditeurs de logiciels, qui les contraint à concevoir des logiciels et des systèmes capables de communiquer les uns avec les autres en toute transparence. C'est ce machin qui permet à chacun de choisir le logiciel qu'il souhaite utiliser tout en garantissant que les échanges qu'il aura avec d'autres logiciels seront compris.

Que faire ? Écrire à votre député. Seulement, quand on voit le résultat d'une recherche sur le site de l'Assemblée Natioanle, on se demande s'ils ne chercheraient pas à nous mettre des bâtons dans les roues : screenshot6.png.

Heureusement que la Quadrature du Net a recensé pour nous la plupart des députés. Donc maintenant, il s'agit de se bouger. Parce que Bécassine, le Bouffon et Mister Bean (les vrais), eux au moins pouvaient être drôles. Ceux qui nous gouvernent me donnent plutôt la nausée.

Message personnel à Franck Riester : Si vous avez besoin de connaitre votre sujet avant d'en parler, demandez à ceux qui savent. Comme dit l'adage, il vaut mieux fermer sa gueule et passer pour un con que de l'ouvrir en ne laissant aucun doute.

L'appel à la mobilisation de l'April

Le groupe Facebook pour l'ouverture d'une commission parlementaire Contre Christine Albanel (Quelle idée d'avoir choisi Facebook. En matière d'ouverture, on fait quand même mieux)