Choisir les logiciels libres

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mardi 16 février 2010

Blender : Sprintez pour Durian

sintel.jpegSi vous avez quelques talents en modélisation sous Blender et que vous souhaitez participer au projet Durian, rendez-vous Samedi 20 février (oui, samedi prochain), à partir de 14h00, heure de Paris (Ce sera un poil plus tôt pour vous si vous habitez Los Angeles), sur le canal #blenderdurian du réseau IRC Freenode pour participer au Community Modeling Sprint (non, inutile de chausser vos chaussures qui courent vite :-D ). Vous pourrez y rencontrer l'équipe du projet Durian et participer à la modélisation d'objets et autres fioritures nécessaires à la réalisation de ce court métrage.

Je ne saurais trop vous conseiller de vous équiper de Blender 2.5, puisque c'est cette version que l'équipe de Durian utilise. Il sera par ailleurs nécessaire de disposer d'un compte sur Blend Swap pour soumettre vos créations.

Récompense : La gloire intergalactique.

L'annonce sur le blog du projet Durian

À propos de Durian

Durian est un projet de la fondation Blender, visant à utiliser Blender 2.5 en conditions réelles de production. Ce projet permettra d'améliorer de manière significative la version 2.5 de Blender 3D, outil libre de création 3D, grâce à la création d'un court métrage intitulé Sintel. Durian fait suite aux autres projets du même type de la fondation, qui ont donné vie à 2 courts métrage (Elephants Dream et Big Buck Bunny) et à un jeu (YoFrankie). La plupart des ressources produites pendant les projets sont placées sous licences libres.

dimanche 14 février 2010

Inkscape : Pixelsnap et JessyInk sont dans un bateau

2 extensions Inkscape vraiment étonnantes et à découvrir de toute urgence si vous avez besoin de réaliser des présentations sympathiques, ou si dans vos exports bitmaps, il y a toujours ce petit quelque chose d'indéfinissable qui vous gêne, Pixelsnap et JessyInk.

Pixelsnap : Des lignes droites bien placées

Ça a l'air évident : un logiciel de dessin vectoriel doit être capable de placer tous vos objets au pixel près. Sauf qu'un dessin vectoriel, par définition, ça ne marche pas avec des pixels. C'est un peu capillotracté ce que je viens d'écrire, mais c'est ce qui fait toute la différence avec un dessin bitmap. Si vous avez déjà utilisé Inkscape pour réaliser par exemple un mockup de design web, au moment de l'export bitmap, il arrive que certaines lignes droites ressortent floues. C'est particulièrement vrai lorsque vos lignes font un pixel de large. J'avais remarqué ce problème particulier, et il m'a aussi été remonté dans les démonstrations réalisées lors de la dernière Ubuntu Party à paris.

Pixelsnap se charge d'ajuster ça, de façon à faire en sorte que vos lignes droites soient parfaitement placées et que ce malencontreux effet de flou disparaisse. Il est évidemment nécessaire de bien faire des essais, afin de ne pas dégrader le rendu final. Une fois bien utilisé, les résultats sont concluants (Cliquez sur l'image pour la visualiser en taille réelle). pixelsnap.png

L'installation en est très simple :

  • Télécharger l'archive de Pixelsnap sur le site officiel.
  • Décompressez l'archive avec votre gestionnaire d'archive préféré.
  • Vous trouverez dans le répertoire décompressé un fichier .inx et un fichier .py. Placez ces fichiers dans votre répertoire personnel d'extension Inkscape. Chez moi, sur Ubuntu 9.10, les extensions sont dans /home/MON-USER/.config/inkscape/extensions.[1]
  • Redémarrez Inkscape, une nouvelle extension Pixelsnap fait son apparition dans le menu...Extensions.

Pixelsnap est sous licence libre MIT.

JessyInk : Des présentations interactives (ou pas) en SVG

jessylogo.jpgAprès la simplicité de Pixelsnap, JessyInk est d'une autre trempe. Cette extension a pour objectif de vous permettre de réaliser des présentations. Elle demande un minimum de maîtrise d'Inkscape et de ses calques. JessyInk permet d'associer à un fichier au format ouvert SVG des commandes Javascript, permettant d'interagir avec les objets des calques, et de leur appliquer des effets de zoom, de transition...Il est possible d'assigner un effet différent à chaque objet de votre calque, ou encore de dessiner sur votre présentation directement depuis le navigateur.

Il est par ailleurs possible d'exporter le document dans un fichier PDF (Chaque calque devient une page du PDF), ou dans des fichiers PNG (Chaque calque génère une image PNG). Une démonstration est disponible ici (lisible avec un navigateur de qualité, pas IE quoi...). La présentation se contrôle avec les touches fléchées de votre clavier.

L'installation et l'utilisation se déroulent en 2 étapes : Installation et Post-installation

Installation

Si vous êtes sur ubuntu 9.04, 9.10 ou 10.04, il existe un dépôt PPA (Ce dépôt n'est pas officiel, vous l'utilisez à vos risques et périls). En savoir plus sur l'ajout de dépôt. Installez alors le paquet jessyink.

Pour tous les autres ou si vous préférez l'installer manuellement :

  • Téléchargez l'archive de JessyInk sur le site officiel
  • Décompressez l'archive avec votre gestionnaire d'archive préféré.
  • Copiez le contenu du répertoire décompressé dans votre répertoire d'extension Inkscape.

Post-Installation[2]

  • Relancez Inkscape
  • Rendez vous dans le menu Extensions > JessyInk et sélectionnez l'option Install/Update. Il ne se passera rien de particulier, mais l'extension sera bien installée.

Le tutoriel pour JessyInk arrive.

JessyInk est sous licence libre GNU GPL V3 ou spérieure.

Notes

[1] Appel à contribution : Il y a sans doute des afficionados de la ligne de commande qui pourront nous expliquer comment réaliser le téléchargement, la décompression et le déplacement des fichiers d'un seul coup.

[2] Pour Ubuntu comme pour les autres, on ne va pas tout vous mâcher non plus ;)

mardi 2 février 2010

L'éphémère imposture

Andromède

Il y a une grande imposture sous-jacente sur Internet : On y trouverait tout ce qu'on veut sans avoir à bourse délier, pour peu qu'on soit prêt à s'asseoir sur ses scrupules, sa morale, son éducation, ses principes voire même autrui. Certains utilisateurs sont d'ailleurs totalement dénués de l'un ou l'autre de ces comportements moraux et peuvent donc tranquillement rester assis sur leurs séants.

La gratuité ne se résume pourtant pas à un simple critère financier. Il faut payer de sa personne pour tenter d'atteindre un objectif. Le résultat n'est pas toujours là, mais au moins a-t-on la satisfaction d'avoir tenté sa chance. Dans le même temps, si on prend la peine de se poser ne serait-ce que 30 secondes, on prend conscience que rien n'est immuable. Assis sur nos chaises, l'univers dans son intégralité change en permanence. Au moment où nous nous relevons, tout, absolument tout, a changé autour de nous, de la plus infinitésimale poussière jusqu'à la galaxie la plus gigantesque. Certaines étoiles âgées de millions d'années se sont éteintes, tandis que naissait un éphémère (pas tant que ça si l'on voit à quelle époque ils sont apparus) dont l'espérance de vie sous cette forme ne dépasse pas une journée, faute de pouvoir assouvir ses fonctions corporelles essentielles.

Il en va de nos échelles de valeurs comme de l'univers: Elles changent, Certains d'entre nous se laissent étourdir par ce tourbillon incessant, alors que d'autres luttent pour conserver ce qu'ils pensent acquis. les conservateurs sont perdus, les progressistes essaient de se raccrocher aux branches. Le risque, c'est de laisser en marge une grande partie de nos congénères, que d'aucuns se chargeront de récupérer à des fins mercantiles.

Dans cette valse, le logiciel libre et la culture libre sont des éléments d'entraînement, une sorte de tapis roulant qui nous contraint à nous adapter en permanence, à rechercher de nouvelles prises, que nous lâcherons encore, pour en chercher d'autres auxquelles nous accrocher. C'est une remise en cause permanente qui nous maintient dans le rythme de l'univers qui nous entoure. C'est un fait que nous acceptons parce que nous savons que la vie est faite de probabilités, pas de certitudes. Le premier pas, c'est celui de se dire qu'il existe une alternative à ce qu'on nous propose tout cuisiné. Le logiciel libre est une cuisine, le logiciel propriétaire un plat cuisiné. Cuisiner se mérite, ouvrir une boîte de conserves non. Le logiciel libre arrive à suivre, emporté par son mode de développement, son accès immédiat et sa disponibilité. Que serait aujourd'hui le Web sans les technologies libres et ouvertes ? S'il avait fallu faire l'iPhone sans Mach ? Où serions nous sans Html et Http ?

Ce n'est donc pas un hasard si les logiciels libres et la culture du partage sont largement à l'origine du Web. Ils sont inhérents à la culture du Web, et au-delà, de tout Internet. Le logiciel libre a façonné le Web et lui a donné ses lettres de noblesse et son caractère bouillonnant. Les acteurs qui en font le choix et les déploient sont parfois imbibés de cette culture de la collaboration, du partage et de l'ouverture, et ce comportement transpire en permanence, même dans des services propriétaires : Facebook n'a-t-il pas fait appel à ses utilisateurs pour traduire son application, plutôt que de le faire lui-même ? Combien de temps et d'argent aurait il fallu pour faire traduire les milliers de chaînes de caractères de ce service sans recourir au partage ?

Et pourtant, une question réapparaît de manière incessante (aurait on enfin inventé le mouvement perpétuel) : Les logiciels et systèmes libres sont ils prêts pour le Grand Public ? Mauvaise question. La bonne question est : Le Grand Public est il prêt à s'emparer des logiciels et systèmes libres ? Les logiciels libres sont construits sur un modèle simple : Offrir le maximum de liberté à l'utilisateur, et lui permettre d'entrer dans la danse. Mais, il n'offre pas celle de penser que tout va arriver tout prêt sans effort. Pour ceux d'entre nous qui avons travaillé sur des projets en entreprise, la grande question des décideurs est souvent : "Et mes utilisateurs ? Ils vont s'y faire à votre truc ?". La question peut être valide dans une entreprise : Une mauvaise gestion du changement et c'est une perte de chiffre d'affaire sèche pour la boîte, Les entreprises mettent donc en place, lorsque c'est nécessaire, des projets de gestion du changement.

Avec le Grand Public, on ne parle pas d'entreprise, ni de productivité, ni de perdre quoi que ce soit, en dehors de repères vaporeux, qui disparaîtront de toute manière avec le reste de l'univers tel que nous le connaissons, pour laisser place à un autre univers, avec de nouvelles constellations, de nouvelles chaises, de nouvelles poussières, de nouvelles idées, des aspirations différentes et de nouveaux échanges. L'essentiel n'est alors plus que d'avoir le choix en toutes circonstances. Rien n'est imposé, tout est proposé, avec les bons arguments. Cette logique en contradiction avec les lois du marché (je t'emmène là où ma marge est la plus importante pour maximiser mon profit) est en contradiction avec l'intérêt du consommateur (je veux aller là où mon besoin est satisfait, et pas là où on m'explique que j'ai un besoin sans le savoir.

Si le grand public n'a pas le tort de ne pas utiliser les systèmes et logiciels libres, il a en revanche celui de ne pas s'y intéresser. Parce qu'il faut rester réaliste : Le Libre couvre ses besoins. Et lorsqu'on s'y intéresse, on prend conscience (sans que personne n'ait besoin de vous bourrer le mou), que seule cette alternative existe dans l'intérêt des utilisateurs seuls. Pas besoin d'imposer, le choix s'impose de lui-même lorsqu'on y fait attention, celui de faire ce que l'on souhaite faire et pas ce que l'on nous propose de faire. Mais souhaiter demande un effort, alors que suivre est une action passive. Du reste, la passivité n'est elle pas une forme de souffrance ?

Alors soyons impurs ! Violentons sans violence nos congénères, agressons les pacifiquement, ramenons les à leur réalité qui n'est pas celle des vendeurs d'illusion, mais plutôt celle de l'homme libre. Cette violence sera de toute manière moins épuisante et moins traumatisante que d'autres qu'on essaie de lui asséner sans même qu'il ne s'en aperçoive, ou celles qu'on présente sous couvert de protection. Encore faut il que nos congénères en prennent conscience...

Crédit photo : Madmiked sous licence Creative Commons BY-SA

mercredi 6 janvier 2010

RMLL : Au revoir Nantes, Bonjour Bordeaux

Le site des RMLL vient de basculer. Jusqu'à présent maintenu par l'équipe Nantaise d'organisation des RMLL 2009, il vient de passer dans les mains de l'équipe Bordelaise des RMLL 2010. Dans la réalité, le site 2010 existe depuis quelques temps déjà. Simplement, l'URL rmll.info menait au site Nantais, afin de permettre à l'équipe d'organisation 2009 de terminer sa communication et ses mises à jour.

Compte tenu des opérations de communication en cours d'organisation par l'équipe 2010, la bascule de l'URL devenait nécessaire. C'est chose faite. Le site Nantais reste accessible ici même.

Bientôt sous vos yeux ébahis, tout ce qu'il vous faudra pour relayer l'information sur vos blogs / sites et supports de communication personnels. Si vous souhaitez rejoindre l'organisation, les listes de discussions, le canal IRC (rmll-orga@freenode) sont à votre disposition.

Merci aux Nantais :) .

PS : Oui, notre charte graphique est magnifique LOL

PS2 : Comment ça, "il manque des paquets de contenus" ? Ouhlà ! Un jour, une tâche ! Ça va venir.

mardi 22 décembre 2009

Project London : Ça n'a rien à voir avec Londres...

Je viens de découvrir un projet ambitieux, appelé Project London. Ce projet est ambitieux à plusieurs titres :

  • Il n'a pas de budget.
  • Ce sera le premier long métrage réalisé avec Blender.
  • Il est réalisé par une communauté d'artistes et de développeurs.

Ça fait beaucoup pour un long métrage.

L'un des plus intéressants challenges du projet est sans doute celui de l'utilisation de Blender. Bien que Blender ait démontré des qualités évidentes, et malgré les productions réalisées par la Fondation Blender (Elephants dream, Yo Frankie, Big Buck Bunny, ou actuellement Sintel), il n'a jamais été utilisé comme outil principal de post-production pour un long métrage. Du reste, lors de ses productions, la Fondation Blender n'a pas pour objectif de réaliser des courts métrages ou des jeux, mais ne fait que les utiliser pour faire progresser Blender (En passant, voilà une méthode particulièrement efficace pour faire progresser un logiciel libre. À bon entendeur...).

Jawbone.tv vient de publier une interview de Ian Hubert, scénariste et metteur en scène de ce film dont la sortie est prévue en milieu d'année prochaine. Pour les non anglophones, quelques passages :

Jawbone.tv : Pourquoi avoir choisi Blender comme outil de production 3D principal ?
Ian Hubert : (...) Il y a une grande communauté de gens très talentueux, animés par le goût de l'expérimentation, et c'est cette communauté qui nous a aidé à réellement sortir la post-production de terre. Nous avons souvent de l'aide de gens qui cherchent juste à affiner leurs compétences dans certains domaines, tout en travaillant sur quelque chose de sympa.

Jawbone.tv : À notre connaissance, c'est le plus gros projet d'effets spéciaux entrepris avec Blender. Comment est ce que ça se passe ?
Ian Hubert : Blender se comporte vraiment très bien. Le film est intégralement en haute définition, et le temps de rendu moyen par image est actuellement d'environ 5 minutes. Ce n'est que récemment que j'ai commencé à réaliser la puissance que ses options de rendu fournissent. Je travaille actuellement sur la grande bataille finale, dans laquelle un robot high-poly (Note pour les non connaisseurs : Un High-Poly est un modèle 3D construit avec un très grand nombre de polygone, au contraire des low-poly, tels qu'ils peuvent être utilisés par exemple dans les jeux) fait face à une créature contenant un nombre de polygones encore plus important. Le strict nombre de polygones nous interdit de calculer la scène d'une seule traite. Mais en ajustant les options de rendu, nous sommes capables d'intégrer uniquement les objets nécessaires à chaque passe. Sans les options de rendu, nous aurions sans doute dû réduire de manière significative le nombre de polygon des modèles.

Jawbone.tv : Sur des projets de cette importance, (...) Hollywood emploient des développeurs pour personnaliser le logiciel pour eux. Est ce qu'il a été difficile de persuader les développeurs de Blender de faire la même chose ?
Ian Hubert : La nature ouverte de Blender nous a offert beaucoup de flexibilité, lorsqu'il s'est agit de modifier le code. (...) Je me rappelle d'une fois où j'ai interrogé Dolf Veenvliet (Membre du conseil de certification de Blender), pour savoir si Blender était capable de sélectionner tous les objets sans textures dans une scène. 20 minutes plus tard, il m'envoyait un fichier en me disant : "Maintenant, il sait !". Cet aspect communautaire est une des choses qui facilite le développement de Blender, et nous lui en sommes reconnaissant. Lorsque le film sortira, nous livrerons également un grand nombre des modèles et animations que nous développons, en reconnaissance de l'effort fourni par la communauté.

Jawbone.tv : Au fait, pourquoi Project London, alors que l'équipe principale est basée à Seattle aux États-Unis ?

Ian Hubert : Pourquoi le film s'appelle Project London est un mystère perdu dans le temps. J'ai inventé ce nom il y a des années, et l'ai sans doute rendu tellement abstrait que nous devrions être contraint de le changer en quelque chose de plus approprié : C'est quelque chose que nous avons jusqu'à présent évité avec succès.

Le film devrait être disponible en ligne à sa sortie. Pas d'information sur la licence, mais c'est assurément un projet à suivre...

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